Notre vie a été complètement bousculée quand nous avons appris que notre fils ainé consommait beaucoup de cannabis. Nous trouvions que son caractère avait changé, mais nous pensions que c’était sa crise d’adolescence. Olivier avait toujours été un enfant opposant, mais là ça dépassait tout ce que nous avions pu imaginer.

Au début, on ne se doutait de rien car il était toujours à la maison et jouait très souvent au hockey au parc. De ce fait, on ne pensait pas à la drogue. En revanche, il avait commencé à manger en arrivant de l’école. Il nous disait qu’il n’avait plus faim pour le souper et s’en allait rejoindre ses amis. On lui disait de revenir dans la soirée pour nous voir et prendre une collation. Comme il refusait, j’ai commencé à avoir des doutes et mon instinct de mère ne se trompait pas.
Olivier était de plus en plus bizarre. Il nous piquait des crises de colère. De plus, en décembre, il a décidé de quitter le CEGEP après une session dans le but de commencer à travailler en mars. Je lui ai dit qu’il devrait, pendant ses trois mois de pause, soit demander à son employeur de lui donner plus d’heures ou de se trouver un emploi à temps plein jusqu’au mois de mars. Il n’était pas question qu’il reste à ne rien faire ou traine dehors. C’est durant cette période que tout a basculé. Il avait commencé à fréquenter de nouveaux amis peu recommandables.

J’ai alors décidé de le confronter et il a tout nié. À ma deuxième tentative, j’ai réussi à lui faire avouer une partie de la vérité. Je suis restée très calme mais, intérieurement, je croyais que j’allais mourir. Ma vie venait de basculer et je devais annoncer cette nouvelle à mon conjoint.
À la suite de cet événement, on le surveillait beaucoup. J’ai contacté ses bons amis qu’il ne voyait plus pour en savoir un peu plus. Ils m’ont avoué qu’Olivier consommait énormément. J’ai dû travailler de la maison quelques temps.

C’est à ce moment-là que nous avons contacté le Centre de réadaptation en dépendance de Montréal (CRDM). Des gens extraordinaires. Au début, c’est nous qui avons consulté au volet entourage. On ne connaissait rien à la drogue et on n’était complètement démolis. Ils nous ont informé, guidé et surtout conseillé sur comment agir avec notre fils et comment protéger son petit frère durant cette épreuve familiale. Ensuite, avec de la pression de notre part, Olivier a décidé de consulter. Au début, il disait qu’il n’avait pas de problème et n’avait aucun intérêt. Les rencontres ont duré quelques semaines, puis il a cessé d’y aller. Nous étions découragés mais le Centre nous avait informé que cela pouvait arriver.

Il a commencé son cours en mars et s’est fait de nouveaux amis dans la drogue. Nous avons enduré cette situation pendant ses études. Nous avons dû faire venir la police pour agressivité, il nous a volé, il nous a dit des énormités en parole etc… N’ayant pas d’emploi dans son domaine à la sortie de l’école, nous lui avons demandé de conserver son emploi à temps partiel en attendant de se trouver un emploi à temps plein, sinon il ne pourrait pas rester à la maison. Il a décidé de quitter son emploi à temps partiel pour nous provoquer. On lui a donné deux semaines pour se trouver quelque chose et retourner consulter au Centre. Malheureusement, nous avons dû lui demander de partir. J’étais déchirée de mettre mon enfant de 18 ans dehors. J’aimais mon enfant mais il était en train de nous rendre tous malade. Malgré tout ce que les gens peuvent penser, c’était la plus grande preuve d’amour que je pouvais donner à mon fils. Il est allé cogner chez ses grands-parents et ils l’ont pris. J’étais totalement opposée à cette idée. Par contre, il devait suivre les mêmes règles qu’à la maison, sinon dehors. Il s’est donc trouvé un emploi en 1 semaine et il est retourné consulter au Centre pour ne pas se retrouver à la rue.
Au début, il manquait carrément d’intérêt pour les rencontres mais il sentait qu’il n’avait plus le choix de se prendre en main. On avait pris de bonnes distances avec lui et ses grands-parents n’avaient plus beaucoup patience non plus. Le Centre lui avait bien fait comprendre que s’il désirait continuer les rencontres, il devrait s’investir. Il a commencé à se sentir un peu abandonné par tout le monde. Les seules personnes qui pouvaient l’aider vraiment étaient les gens du Centre. Il a donc décidé de coopérer. Il avait des objectifs à atteindre et il y est parvenu plusieurs mois d’affilée. Par contre, à un moment donné il ne progressait plus. Le Centre a décidé de suspendre les rencontres, pour quelques temps, en lui donnant tous les outils nécessaires pour continuer son cheminement.
Pendant ce temps, mon conjoint et moi avons continué à consulter au Centre. Sans ces intervenants extraordinaires, je ne sais pas où nous serions aujourd’hui. Ils nous ont apporté de l’aide pendant deux ans. Grâce à eux nous avons réussi à tenir le coup, à continuer de travailler et à s’occuper de l’essentiel. Ce sont des personnes avec beaucoup d’expérience et une grande humanité. Notre intervenante nous avait avisés que peut-être Olivier devait frapper un mur pour lui permettre de comprendre.

Olivier vit avec ses grands-parents depuis 15 mois. En mars dernier, il s’est fait prendre en état d’ivresse au volant de sa voiture et a perdu son permis de conduire. Il a frappé son mur et a décidé de tout arrêter. Au début avril, nous avons pris une fin de semaine de vacances pour nous reposer et Olivier nous a demandé de venir avec nous. J’étais réticente. Nous avons quand même décidé de l’amener pour lui démontrer que nous avions confiance qu’il reprenait le bon chemin. La fin de semaine a été un succès. Il s’est beaucoup rapproché de son père.

Autant nous nous sommes dit, dans les dernières années, que nous vivions un cauchemar, autant aujourd’hui, on croit que nous sommes dans un rêve. Nous sommes conscients qu’Olivier sera toujours fragile par rapport à la dépendance, mais sans l’intervention des gens du Centre on n’y serait jamais arrivé et Olivier non plus.

Je crois que si on peut se permettre d’avoir de l’espoir pour notre fils aujourd’hui, c’est parce que nous sommes allés chercher de l’aide au Centre dès le début. Nous avons eu tout le soutien nécessaire pour faire face à cette crise. Je souhaite que cette histoire d’horreur soit derrière nous mais je sais qu’en cas de récidive, je pourrai toujours compter sur le soutien du CRDM.

Merci à tout le personnel du Centre

Sylvain et Carole

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